Le coronavirus, une opportunité pour se lancer dans l’e-commerce ?

Des commerçants et PME qui ont pu le mieux limiter l’impact de la fermeture de leur point de vente en proposant à leurs clients existants d’acheter en ligne sont ceux qui avaient investi et s’étaient bien préparés dans l’e-commerce avant la crise.

Pour les commerçants qui n’avaient pas encore fait le pas vers l’e-commerce, il n’est pas trop tard pour se lancer, d’autant plus que des prestataires proposent actuellement des offres exceptionnelles.

Ouvrir une boutique en ligne est maintenant rapide et peu coûteux, grâce aux solutions proposées en abonnement, comme www.wizishop.com ou www.shopify.com (de l’ordre de 80 € / mois).

Par contre, intégrer cet e-shop avec son système informatique interne, pour notamment tenir à jour l’état des stocks, sera laborieux et/ou coûteux. De plus la logistique reste un défi à relever, car la crise sanitaire rend celle-ci particulièrement complexe à organiser, tant à l’approvisionnement qu’à l’expédition et aux retours.

Autre difficulté : se faire connaître sur Internet, du moins au-delà de ses clients et de son réseau d’amis d’amis sur les réseaux sociaux. Le consommateur a tendance psychologiquement à rejeter toute publicité, en particulier en période troublée. Aussi, il est bien difficile pour l’instant d’attirer une nouvelle clientèle, sauf s’il s’agit de la vente de produits de première nécessité.  

Quelques conseils stratégiques pour l’entrepreneur qui veut se lancer dans l’e-commerce

Dans certaines situations, un basculement vers la vente en ligne peut être une simple formalité, par exemple lorsqu’il s’agit de servir les clients locaux existants et qu’il est possible de leur remettre le produit commandé sur le seuil du magasin. Mais souvent cela nécessite la mise en place de nouveaux processus, et parfois même une analyse juridique (les contrats avec les fournisseurs le permettent-ils, quid du service après-vente,…).

On peut être tenté d’agir vite et de directement s’atteler à choisir une plateforme d’e-commerce. Les retours d’expérience montrent toutefois que les échecs en e-commerce sont très rarement liés à de mauvais choix technologiques, mais plutôt à une mauvaise organisation, à de mauvaises estimations des coûts indirects, et à une mauvaise stratégie.  

Je préconiserai donc de ne pas agir dans la précipitation et de justement profiter du ralentissement forcé des activités pour bien réfléchir sur le long terme à sa stratégie de positionnement commerciale en ligne ainsi qu’aux implications réglementaires et organisationnelles. Examiner la concurrence en ligne est une étape nécessaire.

L’enjeu est surtout à long terme : la crise a poussé encore plus d’européens à acheter en ligne. Ceux-ci vont s’habituer à ce mode d’achat et vont donc s’attendre à pouvoir continuer à commander ainsi par après. D’où l’intérêt d’être prêt à moyen terme.

Je recommande aussi de penser dès le départ à l’exportation, au minimum vers les pays limitrophes, car c’est à ce niveau que se situe de réelles opportunités d’atteindre un volume suffisant de ventes de nature à rentabiliser son projet.   

Vers qui dois-je me tourner pour me lancer ?

Plusieurs ressources utiles : 

Au niveau des aides publiques: La Région Wallonne ne finance pas la réalisation d’e-shops, mais accorde par contre une prime de 75% via le système « chèques entreprises » pour obtenir du conseil en e-commerce.